#TémoignageTime : Julie, 27 ans et by-passée.

Nouveau type d’article pour le blog : les témoignages. J’avoue que c’est la première fois que je décide de retranscrire l’expérience de vie d’une autre personne. Mais ceux-là (car il y en aura 2 sur ce sujet), me tiennent particulièrement à cœur. Pourquoi ? Tout simplement car j’y ai déjà réfléchis. Oui ! J’ai déjà songé à passer par une sleeve ou un by-pass et à l’époque je n’avais personne pour me dire comment c’était. Je veux dire, vraiment. Aujourd’hui encore, je me pose des questions sur ces opérations et je me suis dit que cela pouvait également être ton cas. J’ai conscience que c’est une expérience pas facile à vivre pour certain.e.s et du coup, je me suis dit que cela valait bien 1 ou 2 articles.

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A travers cet article, je ne vais pas te dire quoi faire : chirurgie ou sport, régime ou pas… Cette décision, elle n’appartient qu’à toi ! Malgré tout, je pense qu’un témoignage vrai et sans interdits peut t’aider dans cette prise de décision (ou de ne pas la prendre justement). J’ai décidé de te livrer les témoignages comme ils sont venus à moi : simple, direct et précis. La plûme sera sûrement différente, mais bon, c’est un peu le but. Je te laisse donc avec Julie, 27 ans et by-passée.
 
« Hey !
Donc, je suis Julie. J’ai 27 ans, bientôt 28 en mai. Je vis dans le sud de la France à Toulon (à 1h de Marseille LOL,  la Côte d’Azur <3). Je n’ai pas d’enfant et je vis avec mes 4 chats. Je travaille dans l’enseignement. En effet,  je donne des cours de soutien scolaire et je suis surveillante d’internat également, dans un lycée. Mais pour tout te dire, je suis actuellement en train de me renseigner pour devenir professeur. Pour finir, je suis passionnée par la nature les animaux, mais aussi les vieux endroits chargés d’histoires et par la musique Afro (car j’adore remuer mon popotin avec mes copines) ! Si tu veux me suivre sur Instagram, je n’ai qu’un compte : @JuliiieJoliie. Maintenant que tu sais à peu près qui je suis, c’est parti pour mon histoire !
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En réalité, mon parcours à moi est très particulier. En effet, tout commence en 2011 lorsque j’ai subi la pose d’un anneau gastrique. Celui-ci m’a été retiré en urgence en 2012 pour une sleeve, que j’ai dû transformer en by-pass en 2015. Tout ça, toutes ces opérations pour… que très peu de résultats au final. En 2011 donc, je pesais 147 kilos… C’était mon plus haut poids et j’étais boulimique. A l’époque, je me fais vomir chaque jour les tonnes de mal-bouffe que j’ingurgite maladivement. C’est dans ce contexte-là que la pose de l’anneau me fait rêver : je m’imagine mince, guérie, transformée.

La réalité en est toute autre. Là où, le premier mois les copines perdent 15 kilos grâce à l’anneau, j’en perds difficilement 7…  La réaction de mon chirurgien ? Il me juge et m’accable. Il pense que je mange de la mayonnaise en cachette (Quelle horreur ! J’étais boulimique mais quand même…). Bref : l’anneau est devenu un véritable cauchemar ! Je suis descendue à 107 kilos certes, mais j’ai eu de terribles complications : je vomissais ma salive toutes les 20 minutes. J’ai perdu mon emploi, mes cheveux et il faut bien le dire avec honnêteté : le goût de vivre. J’avalais pour seul repas 2 compotes par jour, et un peu de soupe de temps en temps. Nous étions à 7 mois post-opération mais je n’osais rien dire… Pire encore,  je laissais mon chirurgien resserrer mon anneau au fur et à mesure des rendez-vous dans l’espoir de maigrir plus vite.

Puis, un jour c’est trop :  je vomis du sang ! Je consulte en urgence un confrère qui me programme un TOGD (un scan spécial opérées) et me planifie le retrait de mon anneau le lendemain. Je commence seulement (mais enfin) à comprendre la gravité de la situation. Une sleeve est faite dans la foulée et on me promet que c’est enfin mon tour d’être heureuse et guérie. Je pèse toujours 107 kilos.

Un an après la sleeve, j’en fais de nouveau 130 kg. La sleeve ? Parlons-en ! C’était pire !! J’étais devenue une « grignoteuse compulsive ». Impossible pour moi de manger correctement à table mais toutes les 2h30 mon estomac me réclamait de la nourriture. Et là… Mes vieux démons resurgissent. Je dévore à petites doses et je regrossis rapidement. Je finis par me dire que c’est une fatalité. Que c’est mon drame à moi. Je me sens coincée dans un corps d’obèse alors que je suis coquette et décomplexée.

Et puis en 2015, une amie fait un by-pass et perd 60 kilos en 6 mois. Je me remets à y croire. Je rencontre son chirurgien qui m’explique que vu mon poids de départ et mes troubles alimentaires, le by-pass était la seule solution possible depuis le premier jour. J’ai envie d’y croire et je me lance. Malgré tout, l’opération est plus lourde, plus douloureuse. Mais je suis heureuse. On m’a enfin compris. Je me donne les moyens : avant l’opération je perds 15kg toute seule et je commence une thérapie avec l’aide d’une hypnothérapeute et d’une kinésiologue. J’accepte l’idée que ces échecs venaient d’un blocage petit à petit. Je veux donner toutes ses chances au by-pass.

Mais les premiers résultats ne suivent pas : je perds seulement 3 kilos le premier mois. J’angoisse et je stagne ! C’est un nouvel enfer. Cependant, je continue mon suivi psychologique et je ne lâche pas.  J’ai accepté mes blocages, mes échecs. Je me suis guérie et je me suis offert le plus beau cadeau du monde : le droit d’être heureuse. Et je crois que c’est qu’il manquait à mon expérience.

Deux ans après mon by-passs,  je pèse 87 kilos. Je n’ai jamais subi aucun effet du by-pass (dumping, transit accéléré…). J’ai occulté toutes les opérations précédentes car mon corps n’en a jamais voulu. Aujourd’hui, je peux même manger un sandwich entier si j’ai faim malgré mon petit estomac. Le sport et la documentation sur la nutrition m’ont aidé également, mais c’est surtout le fait que je me sois accordée le droit d’être heureuse, d’être libre dans un corps qui est le mien qui m’a réellement aidé. J’ai arrêté de voir ce corps comme un coupable et je lui ai parlé comme à un ami. Il n’était que le reflet de mes comportements alimentaires et de mes choix quotidiens. Je lui ai demandé pardon pour ces regards plein de dégoût et je lui ai promis à lui aussi du bonheur et de jolies tenues.

Actuellement je stagne car j’aimerai arriver à 75 kilos. Mais au lieu de me rendre folle, j’ai décidé d’entamer les procédures de chirurgie réparatrice pour me sentir mieux et redémarrer, un nouveau travail, ensemble, mon corps et moi. »

 

 

2 Comments

  1. Kurvisary
    24 février 2018

    Ce témoignage est poignant, plein d’honneteté et de sensibilité à tel point qu’il me laisse sans voix… Felicitations Julie, pour t’être toujours relevée et avoir surmonté toutes ses epreuves ❤️ Ton article est super, j’aime vraiment ce format « Temoignage » et j’attends avec impatience le second ✨

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    1. mlle alx
      24 février 2018

      Merci @Kurvisary, pour Julie, mais également pour cet article. Je suis contente que ce type d’article te plaise !

      Répondre

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