#TémoignageTime : Je m’appelle Ashley et je faisais 125kg…

Reprenons bien si tu le veux bien ! On est en avril (déjà) et il est temps que je te livre le second article « témoignage » sur le sujet tant controversé de la chirurgie bariatrique. Aujourd’hui, tu vas découvrir l’histoire d’Ashley, une jeune femme comme toi et moi, qui a vécu l’expérience de la « Sleeve ».

A travers cet article, je ne vais TOUJOURS pas te dire quoi faire, mais le but est toujours le même : t’éclairer un peu sur le sujet. Il faut bien comprendre que l’obésité est une maladie. J’ai d’ailleurs rencontré un chirurgien il n’y a pas si longtemps qui m’a dit une phrase que je trouve très juste : « si vus aviez un cancer du sein, je ne pense pas qu’une seule seconde vous hésiteriez à aller consulter un médecin pour qu’il vous aide. Or, l’obésité est elle aussi une maladie très complexe et difficile à traiter car il n’y a pas que le facteur nourriture qui entre en compte ». C’est parti !

« Bonjour mon prénom est Ashley (@naturelhairhibiscus). J’ai 24 ans, je suis aide soignante et j’ai eu recourt à une Sleeve le 19 septembre 2016. Depuis ma vie a totalement changé !

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été en surpoids 80kg pour 1m70. Mais juste avant l’intervention, (entre 2014 et 2016 nldr), je suis passée de 80 a 115kg… Un gain de poids qui peut se justifier par de multiples tentatives de régime, ma situation professionnelle et la prise de la pilule. De nature très réservée, je me suis totalement renfermée sur moi. Ma vie sociale était inexistante (je ne voyais même pas ma famille), car j’avais peur du regards des autres.

C’était difficile à vivre car j’ai continué à grossir et de moi-même, j’ai donc pris l’initiative de me faire suivre par une diététicienne qui m’a, elle, redirigée vers la Clinique de Villecresnes pour personnes obèses et en surpoids. J’ai été suivi durant un mois c’est à la même période que l’on m’a diagnostiqué une hypothyroïdie. Cette maladie, peu connue, est une maladie très fourbe puisqu’elle me fait prendre du poids très facilement. Et pour la faire simple,  tout ceci est lié à un dérèglement hormonal. C’est très important de le savoir, car prendre 35kg en 2 ans n’est pas quelque chose de « normal ». Bien sûr, j’ai été suivi pour cela et un traitement a été mis en place.  Ce traitement a été très efficace puisqu’au bout d’un mois j’avais perdu 7kg. Je commençais donc à voir voir le bout du tunnel…

Mais après un mois de cure dans un environnement propice à la perte de poids et à faire du sport  6 jours sur 7 (piscine, marche et j’en passe…), sans oublier un rééquilibrage alimentaire régit par des médecins nutritionnistes et où je n’avais plus qu’à poser les pieds sous la table sans me poser de question, j’ai perdu que 2 pauvres kilos. C’est à cet instant que j’ai eu un déclic ; j’ai compris qu’il ne suffisais pas de prendre mon traitement et de manger sainement… Le combat commençait donc à peine ! Après ma sortie de la clinique,  j’étais tellement dépitée et pour ne rien arranger,  mon copain de l’époque,ainsi que me famille ne voyaient pas de différence et les efforts fournis. J’étais littéralement abattue.

J’ai passé des mois à me battre pourtant. Malgré tout, je n’étais jamais satisfaite et je ne voyais pas de résultat probant. Et c’est ainsi que petit à petit mon dépit s’est transformé en dépression. Et vous savez la dépression c’est quelque chose d’aussi fourbe que la hypothyroïdie. Tout le monde pense que tu vas bien alors que tu es tellement mal dans ta peau. Et comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, les disputes avec mon copain se multipliaient. Je vivais un véritable Enfer !

J’ai toujours été contre les interventions de chirurgie bariatrique. J’avais dans l’idée que perdre aussi vite était malsain pour le corps et surtout l’esprit. Seulement, petit à petit l’idée à germer dans ma tête. Au point où j’en était, cela devenait la seule solution possible. J’ai donc pris rendez-vous dans un hôpital pas très loin de chez moi et qui proposait dans un premier temps une réunion de groupe expliquant les différentes opérations, puis un tête a tête avec le chirurgien. C’est ensuite que mon choix s’est porté sur la Sleeve. C’était pour moi la meilleure solution, car il n’y avait pas de traitement au long terme après l’intervention (chose très importante pour moi). Après étude de mon dossier (et surtout après avoir prouvé que j’avais essayé de perdre du poids par moi même), après avoir été validée par une psychologue et que tous les autres examens complémentaires,  le conseil pluridisciplinaire a validé ma demande. Et j’ai enfin eu la date de mon intervention : le 19 septembre 2016.

On pourrait croire que l’histoire se termine là et que j’ai perdu du poids facilement mais cela n’est pas la réalité. Le jour où j’ai su quand j’allais avoir mon intervention, j’ai eu une grosse dispute avec mon copain qui était entièrement contre le fait que je me fasse opérer. Cependant, à côté de ça, il me mettait une pression énorme pour que je perde du poids. Il me répétait que je choisissais la facilité… Puis, j’ai dit STOP !  C’était la dispute de trop ! J’ai décidé de rompre car plus rien n’allait entre lui et moi. Je n’avais pas son soutien, alors à quoi bon ? J’ai commencé à prendre du temps pour moi et me préparer ainsi pour l’intervention de ma vie. J’ai aussi pris la décision de garder le fait que j’allais me faire opérer pour moi, car en général tout le monde essaye de vous en dissuader. J’ai donc prévenu ma famille un mois avant et quelques collègues la veille. C’est tout.

Je suis arrivée un dimanche après-midi à l’hôpital et j’étais surexcitée. Je me disais que le lendemain, à la même heure, ma vie allait changer ! En bien ou en mal, je ne le savais pas, mais elle allait changer, c’était certain ! C’est tout naturellement que le jour J, j’avais un sourire jusqu’au oreille.  De part mon travail à l’hôpital, je sais qu’il n’est pas bénéfique de s’inquiéter car si quelque chose doit arriver, je n’y pourrai rien. Après cinq heures d’attente dans ma chambre, les brancardiers m’ont descendu au bloc, mon chirurgien m’explique brièvement comment ça va se passer et l’anesthésiste me pose un cathéter… J’ai froid, je m’endors, mais je sais que tout va changer… A mon réveil,  j’ai un peu mal à la gorge, j’ai une sensation de tiraillement au niveau de l’estomac mais rien de méchant.  En remontant dans ma chambre, j’étais très fatiguée et je me suis endormie jusqu’au petit matin.

Si jusque-là, j’avais été sereine, le lendemain de mon intervention c’était tout autre chose. Le premier repas se fait après un débriefing avec la diététicienne : un petit suisse dont j’ai mangé qu’une petite cuillère. Cela peut paraître idiot, mais j’avais trop peur d’abîmer mon tout petit estomac tout neuf … Ce fut mon seul et unique repas pour les prochaines 48 heures. Nous arrivons à mercredi, le jour de ma sortie. Il était temps de rentrer à la maison. Premier réflexe ? Je me pèse ! Et la balance m’affiche -5 kg. Résultats très encourageants pour 3 jours de Sleeve mais la première semaine j’ai eu la mauvaise idée de sous-alimenter par peur de vomir. Puis, petit à petit,  j’ai ré-appris à manger et à m’arrêter surtout pour ne plus revivre mon 4e jour post-op, mais également à gérer ma fatigue.

Au bout d’un mois, il a fallut reprendre le travail. Et c’est avec grande appréhension que cela s’est fait car je travaille en 12 heures (jargon médical nldr), j’étais souvent de nuit et je n’avais pas forcement 30 minutes pour mon repas. Je devais également mobiliser des patients lourds et surtout, j’étais dans un service composé principalement de femmes…  Je savais que tous le monde était au courant de mon intervention, et je ne voulais pas en parler. Mais finalement, je m’étais mise une grosse pression alors que tout s’est très bien passé. J’avais plus confiance en moi et j’avais perdu 16kg déjà.

Aujourd’hui, j’ai perdu 60kg. Le jour de l’intervention j’en faisais 125. Je fais du sport, et oui,  j’aime ça. Je ne suis plus  essoufflée au moindre effort, je n’ai plus mal au dos et aux genoux. Je vois de nouveau ma famille et mes amis. J’ai retrouvé ma joie de vivre et je suis la petite marrante du service. Ma vie a changé, je suis positive peu importe ce qu’il se passe. Bien évidemment, parfois j’ai des petites baisses de régime, des coups de mou car avec une telle perte de poids, tout ne peut pas être rose. Ma vie d’avant et l’opération m’ont quand même laissé des séquelles, aussi bien physiques que mentales : la peau moins ferme, le regard des autres, les critiques… Mais quand je regarde le chemin parcouru : je suis fière de moi et si c’était à refaire, je le referai. Aujourd’hui, Je suis un jeune femme bien dans ma peau malgré les critique du type « t’as trop maigri » ou « tu n’as plus de formes » ou mieux encore « tu étais mieux avant ». Mais j’ai si j’ai bien compris quelque chose, c’est que les gens ne seront jamais contents. Alors le plus important, c’est d’être bien dans sa tête, et ça, ça n’a pas de prix !

Si peux vous donner un conseil, sachez que certaines personnes auraient préféré que vous restiez la bonne copine mal dans sa peau pour se valoriser elles-mêmes.  Ceux qui disent que c’est la facilité, sachez aussi qu’il faut un certain courage pour reconnaître que l’on a besoin d’aide, faire toutes les démarches et aller se faire couper l’estomac, sans compter tous les risques et les complications encourus. N’oubliez pas que rien est acquis. Et encore une fois, l’opération c’est du 50/50 : on vous aide au départ, ensuite c’est à toi de te débrouiller pour y arriver. En espérant que mon témoignage sera utile à quelques personnes… »

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