#BodyAcceptance 3 : Comment j’ai appris à accepter mon corps

Enfin, je peux faire et j’ai la motivation pour écrire le dernier volet de ma saga « Body Acceptance » qui ne concerne pas seulement mes formes, mais mon corps dans sa globalité. Nous sommes en 2018 et aujourd’hui même si nous voyons plus de femmes curvy grâce à l’avènement des réseaux sociaux notamment, ça reste un défi de se sentir bien dans son corps. Et c’est encore plus vrai quand tu es en surpoids. Soyons claires, je n’ai rien contre les filles minces qui ont, elles aussi, leurs propres complexes, mais restons également réalistes : je suis grosse et la société me fait sans arrêt croire que parce que j’ai un ventre plus volumineux et des cuisses plus chargées, je suis moche. Du moins, que je suis imparfaite.

Si à l’heure actuelle, j’arrive à être à l’aise dans mes baskets, c’est tout simplement parce que j’ai réussi (enfin je crois LOL) à lâcher prise. Et ma mission aujourd’hui, si tu es d’accord, c’est de te raconter pourquoi, comment, j’en suis arrivée à faire passer mon bonheur avant ma vision faussée de mon corps. Du coup, nous allons contextualiser pour que tu puisses comprendre l’historique de mon épopée chaotique avec mon corps.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours détesté mon corps. Je me suis toujours trouvée « grosse ». Mais tout à réellement commencé au collège, quand le regard des autres commence « à compter ». Disons que toute mon adolescence ne fut que des achats répétés de magazines qui me disaient que je devais faire entre 55 et 60kg pour 1m78 ou comment perdre 5kg avant l’été. Autant ma taille ne m’a jamais posé de soucis, autant ma silhouette c’est une tout autre histoire. Moi, j’étais mince aussi (36/38) mais j’avais les hanches larges. Et avant que Beyoncé impose ce corps comme étant le corps parfait, et bien ce n’était pas à la mode d’être en sablier. Du coup, au collège, les autres disaient de moi « la grande grosse » (et c’est toujours le cas mais ce n’est pas pareil, car oui je suis grande et grosse mdr). Bref, j’ai commencé à avoir des complexes qui ont pris au fil du temps, de plus en plus de place.

Puis sont arrivés mes 17 ans et le début de ma vie sexuelle. C’est très important que tu le saches car qui dit « vie sexuelle » dit, protection et contraception. Aaaaaah la contraception ! Quelle merveille de technologie… Parlons-en ! Nous les femmes, nous sommes toujours celles qui devons faire le plus de sacrifices pour que tout reste debout et notamment quand nous sommes en couple. A l’époque, je ne voulais pas tomber enceinte, et comme un préservatif peut aussi lâcher, c’est tout naturellement que j’ai commencé à prendre la pilule. Et je pense que concrètement, tout à commencer à ce moment précis.

Moi qui souhaitais déjà ressembler à Kate Moss avant la pilule et bien j’ai été servie : j’ai pris 20kg en 1 an. C’est éééééénorme ! Oui énorme et pourtant je faisais souvent des analyses… Mais à aucun moment, un médecin ne m’a dit que ce n’était pas normal ou que je devais arrêter de prendre ce médicament qui déstructure mes hormones. Le temps passait et j’ai continué à grossir, jusqu’à mes 19 ans. J’étais mal dans ma peau, je me trouvais tellement énorme, que je me surnommais la baleine. J’en pleurais presque tous les soirs. Et c’était d’autant plus dur que les gens à l’extérieur, me complimentaient sur mon style et le fait que je m’assume.

J’ai commencé à déprimer. Oui une déprime, et non pas une dépression. Je tiens à faire une distinction ferme entre les deux car la dépression est une maladie qui va beaucoup plus loin que la déprime. Si tu veux en savoir plus sur les différences entre les deux, je t’invite à lire ceci : https://goo.gl/YSyXUf.

Je déprimais, les mois passaient et j’ai commencé à me dire que la vie serait tellement plus simple si j’étais mince. Et là, ma vie a pris un autre tournant. J’ai commencé à me sous-alimenter… Voire à ne plus m’alimenter du tout. Tu sais si tu veux maigrir vite, il n’y a pas 36 solutions : arrête de manger ! Après il faut savoir que tu deviens mince mais tu as d’autres problèmes : tu fais souvent des malaises, ta peau devient flasque, tu es tout le temps fatiguée, tu ne sors plus, tu perds tes cheveux, ta peau est dégueulasse, t’es grise et t’as l’air malade… BREF ! Que des avantages tu me diras ! Mais à l’époque, à 19 ans, je ne me rendais pas compte que je mettais ma santé en danger. Moi je voulais être maigre. J’ai commencé à me dire que c’était la société et les magazines qui avaient raison. Je devais encore et toujours perdre du poids. Et un jour… Un jour, je fais un malaise tel que je me retrouve sous perfusion. Et même là…. Je me disais « j’ai perdu 20kg en 2 mois, c’est génial ! ». J’avais créé un besoin psychologique totalement faussé avec lequel je m’étais convaincue que si je me privais assez je pourrai être mince. C’était devenu vital ! Et c’est là toute la tristesse d’une TCA, c’est que ça devient vital.

Finalement, je pourrai te dire qu’après ça, j’ai repris du poil de la bête et que j’ai kiffé ma life. Mais que nenni, la réalité en est toute autre. J’ai repris une alimentation normale et j’ai repris le double du poids perdu. Ouiiiiii, 40kg et je me suis pesée… 115kg. Quel choc ! J’étais énorme. J’ai recommencé à avoir des « réflexes » de ma TCA. Mais j’avais peur de retourner dans cet état limite végétatif que j’avais connu juste avant alors j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai acheté (en 2013) un programme du coach Chancel Gatsoni.

Franchement les 3 années qui ont suivies, j’ai fait du sport 3 à 5 fois par semaine, je contrôlais tout ce que je mangeais et j’ai perdu, perdu, perdu… Jusqu’à faire 75kg. Et si en 2013 j’étais heureuse de m’affiner (enfin j’étais contente, tellement que je croyais toucher le bonheur)… En 2016, je me suis rendue compte que les kilos perdus ne changeaient rien à ma vision de moi-même. Je me suis rendue compte que NON, je ne veux pas vivre dans le contrôle permanent, NON, je ne suis pas heureuse, NON, mon corps n’est pas en meilleure santé. Il faut savoir qu’en mars 2016, j’ai eu des problèmes médicaux à tel point que, j’ai du stoppé tout programme alimentaire. On m’a alerté sur le fait que je risquais presque ma vie et de ce fait, qu’il fallait que je revoie mon alimentation afin d’être en meilleure forme. Quand toute cette période est passée… J’ai voulu dans un premier temps reprendre mon coaching et puis, je me suis dit « non mais en vrai depuis quelques mois, tu reprends du poids, tu manges correctement et tu te sens bien dans ton corps »… Et là !

Je ne vais pas dire « TADAAAAA » ! Mais c’est presque ça et j’ai eu un déclic. Un vrai ! J’avais tellement passé de temps à détester mon corps, à essayer de le corriger que j’en avais oublié de m’aimer. Juste, de m’aimer moi pour ce que je suis et non pas de me détester pour ce que je ne suis pas. Petit à petit j’ai repris du poids (+20kg depuis mars 2016) et je me suis attelé à la dure tâche qui est d’être HEUREUSE. J’ai appris, peu à peu, à accepter ma morphologie en 8. J’ai appris à me faire des compliments. J’ai cessé de me regarder pour me tailler en pièce et j’ai arrêté d’aller à l’encontre de mes envies et de ma faim. D’ailleurs, si tu poses la question à mon entourage, beaucoup de personnes te diront « c’est vrai Alexa, tu ne manges pas énormément ». Oui, je ne me gave pas. Oui, je mange équilibré et pourtant aujourd’hui mon poids varie entre 95 et 99kg. J’ai donc appris à peser presque 100kg et à ne pas pleurer quand je mange de la pizza. Aujourd’hui, j’ai l’habitude et c’est sans honte que je peux te dire que « oui je sais, je suis canon » (#bitchvie). Mais avant d’en arriver là, il m’a fallut des mois devant ma glace à me répéter « ça te va bien », « t’es belle », « oui t’as des gros bras mais t’as une jolie taille ». LOL, oui je fais un complexe sur mes bras, but who cares ? Demain il fait chaud ? On sort en débardeur nous ! Et surtout, j’ai appris à écouter mon corps. Mon corps qui, quand il est fatigué peut m’obliger à rester allongée en ordonnant à mes jambes de rester immobiles. Mon corps qui a presque tout subi par dégoût et qui continue de me porter chaque jour comme si rien ne s’était jamais passé et qu’on s’était toujours aimé.

J’ai compris que je devais en apprendre plus sur mon métabolisme (ce qui est toujours en cours car j’ai arrêté la pilule il y a 8 mois seulement et que depuis j’ai encore grossi), sur mes goûts et mes envies pour vivre ma vie et ne plus être enfermée dans mon trou. J’ai compris qu’au-delà des kilos en trop, qu’au-delà d’un IMC à 30 et une taille 44/46, il fallait que j’arrête de culpabiliser d’être moi. Mon corps témoigne de mon histoire, mais il ne définit pas ce que je suis, tout comme mes cheveux ne définissent pas ma beauté ou que ma couleur de peau ne définit pas mes capacités intellectuelles. Alors oui, il y a des jours avec et des jours sans, mais le plus important c’est de vivre sa vie pour soi-même et non pour la société, les coachs, la famille, les autres !

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